Être Ciel

Performance participative — 45 min — 2020 — Concept & création : Maïte Álvarez — Collaboration : Marion Gassin — Cocréation & performance : Eliane Bertschi, Elena Carvajal, Estelle Czernichowski, Camille Dejean, Sophie Farza, Camille Meyer, Juliette Otter, Leen Van Dommelen — Programmeur : Julien Cheyrezy

" Il y a environ trois cent millions d’années, vivaient les derniers ancêtres communs aux oiseaux et aux êtres humains. C’est l’époque où les terres s’assemblent en un unique continent géant, la Pangée, entourée d’un unique océan géant, Panthalassa. […] "

être ciel est une performance participative où spectateurs et danseurs sont appelés à évoluer simultanément pour composer l’atmosphère d’un paysage chorégraphique commun. Pendant toute la durée du crépuscule, êtres humains et chants d’oiseaux ouvrent un espace de cohabitation où des formes de langage se déploient, dialoguent et migrent sur les corps présents.

À la tombée du jour, les spectateurs sont invités à mettre en lecture et à spatialiser des chants d’oiseaux en se connectant sur une plateforme internet, depuis leurs téléphones agissant en petits haut-parleurs. Les téléphones construisent un paysage sonore dans lequel les oiseaux semblent cohabiter, comme cela pourrait se faire à l’état naturel.

À chaque oiseau correspond un danseur et à chaque chant correspond un langage spécifique qui, par répétition, se transmet, migre et se transforme sur les corps qu’il traverse.

Les sonogrammes - représentations graphiques extraites des chants d’oiseaux - constituent la matière première sur laquelle les danseurs ont composé leurs phrases chorégraphiques. Rappelés par leurs chants, ils se déplacent dans l’espace et communiquent dans un langage qui nous échappe, devenant par instants, le langage d’un unique corps commun.

Une rencontre poreuse s’opère entre les spectateurs, les chants et les danseurs, tous engagés dans ce dispositif commun duquel surgit le paysage fictionnel qui nous immerge jusqu’à la tombée de la nuit.

Stella

Performance — 25 min — 2018 — Concept & création : Maïte Álvarez — Avec : Maïte Álvarez, Marion Gassin, Victor Schmid-Guezennec

À la recherche des formes archaïques, des premiers gestes et langages, c’est notre aptitude à créer des mondes de pensée qui est questionnée ici. Des fragments de mémoires émergent à la lecture d’un temps et d’un espace suspendus, entre, où l’écriture devient synesthésique. Musique, danse et graphisme migrent dans la géographie du corps lui-même, qui assimile, archive et transcende les mémoires dans un mouvement spiral.

STELLA met en scène trois performeurs ; une danseuse, un musicien et une performeuse, autour d’une partition graphique qui prend le cercle pour motif principal. Le cercle, une figure archétypale qui remonte le temps et la géographie, de l’Espagne à l’Inde en passant par l’Égypte, en puisant dans les racines de pratiques artistiques ancestrales. La pièce, composée comme une spirale ascensionnelle imite, en quelque sorte, la naissance du monde (du néant à la vie ornementale), en utilisant les codes de mise en page graphiques pour générer une partition où figures, souffles, mouvements, sons et textes se mélangent pour former des corps hybrides et inédits.

SISMOGRAPHIES VARIABLES

Installation performance — 2015-2018 — Concept & chorégraphie : Maïte Álvarez — Machines originales : Marisol Godard Lopera (Dessins Variables, Strasbourg 2013) — Développement : Maïte Álvarez — Performances précédentes : Maïte Álvarez, Camille Dejean, Leen Van Dommelen

Qu’est-ce qu’une image, sinon peut-être un mouvement ralenti à son extrême, jusqu’à se fossiliser dans la matière du papier ?

Les sismographies mettent en parallèle le corps humain et le corps géologique, le temps humain et le temps d’une pierre ou d’une image. Un temps presque immobile qui se révèle dans la fragilité du corps qui trace, par ou malgré lui, les variations sismiques de ses gestes variables. Un mouvement presque immobile à nos yeux et qui pourtant se révèle sur la surface du papier à mesure que le temps passe.

Chaque performeur est relié par des ficelles à une machine à dessiner suspendue au mur grâce à un système de poulies. Le changement de plan qui s’opère entre la surface du sol où évolue le performeur et la surface du mur où l’outil graphique trace, créé un décalage entre le mouvement perçu et sa traduction archivée. Dessin et mouvement deviennent les anamorphoses l’un de l’autre. Les gestes génèrent le dessin autant que les contraintes du dispositif génèrent les gestes.